đ Salut Les petits rĂ©sistants !
Je vous avais Ă©crit un au revoir Ă lâorĂ©e de lâĂ©tĂ©. Je vous tire aujourdâhui une rĂ©vĂ©rence Ă la faveur de lâautomne. Les petits rĂ©sistants et moi, on Ă©crit notre derniĂšre copie, le cĆur pas tout Ă fait lĂ©ger (car câest la raison qui lâa emportĂ©) mais avec le sentiment du travail bien fait et la conviction quâune page devait se tourner. Câest la rentrĂ©e, ce nâest pas la saison pour dĂ©primer alors on ne va pas trop se pleurer dans les bras, hein !
Je ne mâĂ©tais jamais projetĂ©e dans la fin de cette aventure et dans ce moment oĂč il faudrait boucler la boucle de la newsletter. Jây suis.
Alors je vous raconte.
Et pas de salade : je suis un peu triste. Car quand on porte un projet depuis des mois et des annĂ©es, avec du cĆur et de la passion, ce n'est pas fastoche dâenvoyer les choses valser.
La vérité ?
JâarrĂȘte avec ce petit sentiment quâil y avait, quand mĂȘme et sĂ»rement, mieux Ă faire pour porter plus haut encore ce mĂ©dia des parents, unique en son genre dans la façon de croiser Ă©ducation, Ă©cologie et sociĂ©tĂ©. Ăa ne sert Ă rien de refaire le match mais on ne se refait pas !
JâarrĂȘte avec cet autre petit sentiment dâabandonner le bateau ; celui des mĂ©dias indĂ©pendants qui se cassent le dos Ă informer sur des sujets trop invisibilisĂ©s par les mĂ©dias traditionnels (au hasard lâenvironnement), sans milliardaire dâextrĂȘme-droite climatosceptique au board mais avec la force des convictions, lâĂ©nergie du collectif et la volontĂ© de faire bouger les lignes.
Si jâĂ©tais jeune, je dirais quâon peut parfois avoir le seum, de voir les marques poubelles prospĂ©rer et celle du Made In France se casser le nez, les influenceurs âresponsablesâ galĂ©rer et ceux qui font des unboxings de colis SheIn flamber.
Mais vous savez quoi, mes (presque) 40 ans et moi, on en a vu dâautres ! Jâai vu cet Ă©tĂ© que lâon pouvait collectivement sâindigner trĂšs fort contre une loi prĂȘte Ă sacrifier la santĂ© et la biodiversitĂ© sur lâautel de la productivitĂ© (đ Monsieur Duplomb). Jâai vu aussi ces derniĂšres annĂ©es quâil y avait plein de gens qui veillaient au grain : des assos pour sâassurer que des textes votĂ©s ne soient pas vidĂ©s de leur substance (đ Cantine sans plastique) ou dâautres pour alerter sur les piĂšges sucrĂ©s âspĂ©cial kidsâ des industriels de la malbouffe (đ Foodwatch). Jâai vu aussi tant dâinitiative fleurir pour sensibiliser aux enjeux dâaujourdâhui que lâon appelle, dâailleurs, souvent Ă tort⊠ceux de demain alors quâils sont dĂ©jĂ bien sous notre nez đ. Je pense Ă celles et ceux qui reconnectent les enfants des villes Ă la nature (đ Les enfants dehors) et qui mettent les classes dehors, celles et ceux qui mettent lâĂ©galitĂ© fille-garçon au cĆur de lâaction (đ Tchika) ou dans les cours de rĂ©crĂ© (đĂdith MaruĂ©jouls) et aux personnes qui pallient aux trous laissĂ©s par les politiques publiques Ă lâĂ©cole (đ LâĂ©cole comestible pour lâĂ©ducation alimentaire, đ Mille miettes et Suzanne dĂ©colle les Ă©tiquettes pour lâĂ©ducation Ă la vie sexuelle et affective). Je mâarrĂȘte lĂ , vous avez lâidĂ©e.
La vĂ©ritĂ© câest que jâai tant aimĂ© (euphĂ©misme) Ă©crire chacune de ces newsletters, interroger, interviewer, fouiller, comprendre les sujets, les dĂ©cortiquer pour les vulgariser. Et dans le mĂȘme temps, tant redoutĂ© lâurgence de la promotion, le cirque des rĂ©seaux sociaux et la course au like pour faire grandir le mĂ©dia. Ăa, ce nâĂ©tait pas mon dada, et ce nâĂ©tait pas moi. Quand on entreprend, il faut ĂȘtre au four et au moulin, du contenu, de lâactualitĂ©, du modĂšle Ă trouver et de lâargent Ă faire rentrer, et cela essouffle des fois. Parfois on se perd Ă trop vouloir. Dont acte.
Alors mĂȘme sâil ne faut jamais dire jamais, je mets un point final Ă la newsletter. Je garde quand mĂȘme sous le coude quelques points de suspension, parce que lâhistoire pourra peut-ĂȘtre, et je lâespĂšre, en nourrir une autre. Letâs see.
Je vous laisse un peu triste (eh oh, 20 fois quâelle le dit, on a compris) mais finalement et pour de vrai, hyper fiĂšre du travail accompli, de ce mĂ©dia (reconnu âservice de presseâ, le climax de la reconnaissance pour moi - đ - chacun ses trucs), soutenu financiĂšrement par le ministĂšre de la culture, et qui me ressemblait Ă 100%. CâĂ©tait lâalignement presque parfait en vrai. đđ»
Je vous lĂąche donc la main, mais vous laisse dans les bras dâautres mĂ©dias qui font les choses vraiment super bien : Vert Le MĂ©dia, Reporterre, Climax, Cm-Cm le mĂ©dia de la seconde main. Il y a aussi cĂŽtĂ© parents et Ă©ducation qui rĂ©sonnent avec Les petits rĂ©sistants, le podcast GĂ©nĂ©rations Parents et celui des Adultes de demain, et ceux pour les enfants teintĂ©s dâengagement fĂ©ministe comme Nouvelles HĂ©roĂŻnes ou EnvolĂ©es ContĂ©es ainsi que des supers podcasts Nature Ă Ă©couter en famille. Difficile dâĂȘtre exhaustif mais vous avez dĂ©jĂ de quoi croquer !
Je saisis lâoccasion pour annoncer que me voici officiellement de retour sur la grande place du marchĂ© du travail. Jâai un diplĂŽme dâavocat sous le bras, des annĂ©es de contrat et de management derriĂšre moi, et des mois et des mois de lignes tintĂ©es dâindignation au bout des doigts. 5 annĂ©es dâentreprenariat ça forge les gars ! Offre dâemploi chez Total ou Coca, sâabstenir. Pour le reste, je suis prĂȘte Ă bouger le monde.
Prenez soin de vous. Et merci pour tout.
Jâai adorĂ© refaire le monde avec vous. Vraiment. đ
Jeanne
NB. Je termine avec un paragraphe de remerciements. Toujours un peu relou quand il nây a pas son nom dedans, dĂ©solĂ©e. Et forcĂ©ment un peu cheesy. Mais quâimporte, câest ma derniĂšre, je fais ce que je veux aprĂšs tout.
Merci Emilie de mâavoir fait formuler un jour, quâau fond, ce dont jâavais toujours rĂȘvĂ© câĂ©tait de crĂ©er un mĂ©dia. Je lâai fait. đ„č Anne-Claire dâavoir relu chaque numĂ©ro souvent Ă pas dâheure mais toujours Ă temps. Audrey, Camille et Nathalie dâavoir Ă©coutĂ© et traversĂ© ensemble les affres et les joies de cette aventure dans notre bureau partagĂ©. PensĂ©es particuliĂšres pour tous les donateurs du mĂ©dia. Merci du fond du cĆur. Toutes celles et ceux que jâai adorĂ© interviewer et dont jâai aimĂ© follement partager les combats. Ă lâactualitĂ© et ce monde de fous qui mâont permis de ne jamais ĂȘtre Ă court dâidĂ©es et de sujets Ă aborder. On va, je le sens, continuer Ă se rĂ©galer sur les questions dâĂ©ducation aux enjeux environnementaux et sociaux. Ah ça, on ne sâennuie pas hein. đ€ Merci la vie !
Et ciao đ«Ąđ§Ą



TrÚs touchée par votre message. Bravo à vous pour toutes ces années. Vous aurez, forcément, semé, et ça, ça n'a pas de prix. Contribuer donner un sens à nos vies. Que la suite soit belle. Caroline
Merci pour tout le chemin parcouru. Merci d'avoir ouvert des portes. Merci aussi pour ce message qui permet de refermer le chapitre. La fin du chapitre n'est pas la fin de ton livre. Un jour, j'ai entendu quelqu'un qui disait "beaucoup de personnes savent se lancer dans un projet, mais peu savent le clĂŽturer comme il faut et quand il faut". Cet article pas facile Ă rĂ©diger aura, je l'espĂšre, le mĂ©rite de t'aider Ă digĂ©rer. Je retiens, s'il faut en choisir un, l'Ă©pisode sur les dentifrices des enfants. Merci d'avoir semer cette graine. Et bon courage pour la suite chez Total Energie đđ (je me permets un zeste d'humour)